La douleur d'aimer
Servat Gilles

La douleur d'aimer

R:Ma force croît et ma vigueurPuits de faiblesse je soupireRien n'est meilleur et rien n'est pireRien n'est pire et rien n'est meilleurQue la douleur d'aimerJe suis tel un ciel de printempsBlanc colombe et gris tourterelleEn même temps soleil et grêleChaleur et glace en même tempsJe veux rire et viennent les pleursJe porte deuil et oriflammeLa moitié de moi est en flammesL'autre moitié feuillage et fleursJe suis clair et joyeux ruisseauLa rose à ma fraîcheur s'abreuveEt je suis la crue d'un grand fleuveRoulant ruine et mort dans ses eauxUn dieu terrible et capricieuxMe fait tournoyer dans sa frondeIl me lance au-dessus du mondeEt je ricoche sur les cieuxJe suis ombre pendant le jourEt dans la nuit mes cheveux brillentEn mourrant je chante des trillesCent fois par jour je meurs d'amourMa force croît et ma vigueurPuits de faiblesse je soupireRien n'est meilleur et rien n'est pireRien n'est pire et rien n'est meilleurQue la douleur d'aimerQue la douleur d'aimer...